porte

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jeudi 4 décembre 2014

Lithophanie

A  Lucilla


Parce que tu n'as pas cru qu'un sanglot suffisait,
Parce que tes yeux montraient l'horizon lithophane
Nous avons franchi des lignes creuses et obscures,
Déchiffré des tombes entrouvertes sur des jardins fleuris.
Nous avons escaladé des roches graves et dures
Conduit de frêles montures sur des chemins ébahis.
Nos pas nous ont porté où se reposent les anges
Les ailes sanglées de bleu.

Des rives éparses, des falaises abouties, des jetées audacieuses 
Ont illuminé nos nuits quand
Les galets rassasiés nous racontaient
Leurs rêves d'écume et de brouillard.
Nos chants lents et râpeux résonnent encore
Dans des gorges habitées que nous fréquentions jeunes.

Ne pas se retourner, se dresser bras en l'air!
Brandir encore les mots justes et limpides!
Bannir le flou, arracher l'ombre de la lumière
Parce que tu n'as pas cru qu'un sanglot suffisait.







vendredi 28 novembre 2014

Le funambule


Dans un pré du Jorat, entre deux arbres, tendu
Le long fil élastique et sûr porte le funambule.

Cousant à petits points  son unique chemin.
Métronome céleste, maître des oscillations,
Soudain il bascule et jure!
Passant par-là, je le console
Lui me rassure.

jeudi 20 novembre 2014

chute de balance en symétrie

Dans le silence on tourne et se retourne.
L'arrière n'est pas l'endroit quand en-haut est en bas.

Nos faces se rebiffent , rechignent à l'inversion de la sphère, Sans parler de son retournement qui met le dedans dehors.

Plus tard, plus calmes, nous suivrons le ruisseau,
Inondés de lumière.

vendredi 14 novembre 2014

La lettre S ou Sissi abandonnée

Le père de Sissi

Assez de suie sur Sissi!
Si Sissi scie assise,
Si Sissi scie six scies à Assise
C'est que le sirli qui siffle comme un sistre
Lui suffit.

Sissi couchée
 Mais le sire luit quand 
Lui, le sirli et sa soeur fuient.

Sissi

vendredi 31 octobre 2014

L'informe à tics

L'informe à tics






La force du courant nous contraint au repli
Nous ne serons pas emportés et nous crierons encore.
L'obscurité des discours sans paroles ne nous ébranle pas.
Mais sans farces lumineuses et sans joies bien senties
Nos fronts se rembrunissent et n'abritent que des ombres.








La marée digitale qui s'étale et noie l'esprit
C'est le monde de l'informe, de l'informe à tics
De l'infirme à tocs.
Les sémaphores ardents qui surveillaient les routes
Sont démembrés
Mais leurs axes rouillés tiennent encore.
Nous aussi nous tiendrons.






mercredi 8 octobre 2014

le sillage



Si l'âge du capitaine assis oscille aussi, si l'eau porte le sillage, le sillage si âgé soit-il, persiste. Le bateau scie l'eau mais rien ne scie le sillage.
La vague d'étrave en V envahit le plan d'eau de ses raies régulières. Mais le poisson-scie coupe et recoupe les raies ses cousines.
Si le poisson-scie scie assis, six poix sont si sûres, qu'acides elles sont , même assises.


Ail-cou du jour

Sillage
L'allée fluide enclavée en ses vagues
Demeure et persiste à fleur d'eau.

Le navire en gravant le liquide
De tourbillons limpides,
Marque son chemin, sa trace
Comme un pèlerin sans besace
Sans gourde ni bâton.

vendredi 19 septembre 2014

L'habit éreinte

image du réseau

Ceci pourrait très bien être l'image du réseau vu depuis mon ordinateur. Ce serait une vue fragmentaire, myope et partiale.

L'habit éreinte

Internet est le Labyrinthe mais c'est aussi son propre Minotaure diffus. Il nous perd.
 Il nous permet de nous perdre. Filons enfin sur ses fils, filons sans fin comme de bons fils d'Ariane.
Retourner sur ses pas n'est pas fuir, revenir c'est encore avancer.
 Dans le labyrinthe on ne fait que progresser face en avant. Si l'on s'égare, gare aux garde-fous ils sont peut-être minces, fragiles et mous. Gare aux gardes-flous au garde-à-vous qui contraignent à mordre sans rire.

le minotaure