porte

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mardi 27 novembre 2018

mercredi 21 novembre 2018

Les pilleurs de lumière



Ils entrent dans nos maisons
Par des rets minuscules
Ils fouillent nos appentis
Et volent la lumière
Sans rompre nos cadenas
Sans fracturer nos portes.
Ils ne laissent que les ombres
Entassées dans les coins.




Ces pilleurs de clarté
Ces maraudeurs de jour
Abandonnent derrière eux
Un sillage de nuit.
Partout désolation, amertume et douleur.


Des téméraires veulent allumer des torches
A tâtons.
Tous craignent le brasier.
Mais ils continueront
Et nous les recevrons
Les pilleurs de lumière.

mercredi 31 octobre 2018

N'y allez pas par quatre chemins

N'y allez pas par quatre chemins
Cambez les murs de pierre sèches
Ôtez les margelles des puits.


Les ruines éboulées qui bornent l'horizon
Abritent les linges de figures ébouriffées
Leurs songes alanguis parfument leurs ombres.



Que n'êtes vous devenus des arbres arrachés
Dont les feuilles jaunies semblent des fleurs fanées?
Oh, marche silencieuse et nocturne
Embrase nos coeurs meurtris.


vendredi 12 octobre 2018

retournement

  La sphère peut se retourner sur elle-même sans déchirure, on voit ci-dessus une des étapes la surface de Morin.

  
Le plus dur est de se retourner sans déchirure.
Dedans, dehors!
On peut bien le faire avec une sphère.
Oh! Voir avec les pieds.
Lire le monde au ras du sol.
Ensuite vivre à petits coups
Par lampées tenaces
Par aspirations lentes et décidées.


jeudi 4 octobre 2018

Nul ne peut mentir longtemps




Nul ne peut mentir longtemps.




J'ai allumé des feux
Et rempli des armoires.
J'ai ravivé des braises
J'ai terni des miroirs.
J'ai confié des idées au vent
J'ai suivi les nuages.
Séché des pleurs d'enfants
J'ai calmé leur visage.

J'ai croisé des serpents
Je les ai accablé
Ils sont partis fourbus.
Je me suis allongé
Sur des galets moussus
J'ai rêvé cataractes et trombes languissantes.
J'ai cru aux épouvantails blessés
Et j'ai pansé leurs plaies
Avec les lambeaux de leurs linges.

Nul ne peut mentir longtemps.





mercredi 26 septembre 2018

Hommage à Gaston Chaissac


Gaston tu nous fais péter le cigare. 
Tu nous bouscule la face, 
Tu nous remue l'hémisphère boréal.
Ta simplicité nous éprouve.
Ta simplicité sublime le frugal, l'élève à l'authentique.
S'il n'y a pas de quoi fouetter un chat
Il y a de quoi secouer l'encéphale.

vendredi 21 septembre 2018

Les fils des mines oubliées.


Ils ont étendu leurs ombres
Sur des fils et les ont caressées.
Ils ont cru qu'ils pourraient les suivre
Ils n'ont vu ni les gouffres ni les puits.

Les fils des mines oubliées sont partis
Ils ont quitté leurs mères
Sans se retourner, sans même se baisser
Pour prendre un peu de terre.


Ils ont lâché leurs enclaves
Abandonné les masures
Où les lampes brûlaient.
Ils avaient des besaces lourdes de pierres
Découvertes au fond de galeries abaissées.
Leurs poches boursouflées étaient pleines
Des graines de lentilles et de lin
Qu'ils entendaient semer.



Les canaux les croisaient, les suivaient
Et leurs pas s'allongeaient
Et les gens regardaient
Les fils des mines oubliées.