porte

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jeudi 23 avril 2015

La rumba


Les perfides souillons préfèrent l'arôme bas
Et leurs genoux cagneux cognent les murs crépis
Leurs sacs sont pleins de mensonges rabougris
Leurs bustes flétris n'émeuvent que des ombres.




La rumba c'est autre chose
La rumba
C'est le cartilage des anges
La carrosserie rutilante de bolides enhardis
Des courses effrénées dans la savane orange.


La rumba
C'est Michel-Ange contre un marbre endormi
C'est un feu d'artifice qui pète dans un taudis
C'est l'éponge au fond de l'eau
Qui contemple le ciel.

jeudi 26 mars 2015


Obscur désordre





 Les rares passants honnêtes changent de trottoir sans soulever leur chapeau, dans leur gibecière ouverte on peut voir des rascasses, des turbots, des vives à l'aiguillon caché.
La somme des crimes éteints, blanchis, oubliés, égarés pave des espaces comblés, encombrés, envahis où de caisses empilées jaillissent des congres parfumés.
Nous ne rirons plus au loin comme au temps des violettes irisées quand, des feuilles alanguies nous caressaient la face.


Nos chemins sont couverts d'amertume et les forces opposées pensent au mariage posthume.
Pas de songe précieux ni de rêve audacieux. Nos bras pendent et nous sommes courroucés.
Le désordre obscur et insensé râpe la gorge en rongeant le Cosmos.
Les rares passants honnêtes changent de trottoir sans soulever leur chapeau par leur gibecière ouverte pendent des oripeaux.


Alain Croquelois 26 mars 2015


vendredi 13 mars 2015

Equilibre

Equilibre



Mais les forces nous manquent pour rejoindre les nids
Où des aigles attentifs surveillent les fils à plomb meurtris.

L'équilibre ce Roméo qu'effleurent assis
Des gueux en loques aux margelles des puits
Ressemble trait pour trait aux plaines infinies
Que parcourent à pas lents des brutes endormies.
Mais quand rejoindrons-nous ce Roméo assis?


samedi 21 février 2015

L'arbre cosmique


Racines en haut pour chatouiller les cieux
Barbe en l'air pour fouailler l'atmosphère
Tronc obèse d'avoir tant retenu d'eau.

Le bas au haut
Le haut au bas
Le bas au bas
Le baobab.

vendredi 19 décembre 2014

Le poème polyédrique



Après l'ail-cou voici le poème polyédrique. Ces nouveaux genres littéraires sont vraiment très pratiques.
Celui-ci est en forme de cuboctaédre. On pourrait l'intituler : "Retournez vos pas et révisez vos ombres"
Vous pourrez vous le monter vous-même grâce au patron ci-dessous. En tripotant l'objet entre les doigts on peut lire le poème dans tous les sens. Cela me rappelle un peu les lithopoèmes qui permettaient des millions de lectures. Je n'en avais fait que quelques exemplaires,bienheureux ceux qui les possèdent.





jeudi 4 décembre 2014

Lithophanie

A  Lucilla


Parce que tu n'as pas cru qu'un sanglot suffisait,
Parce que tes yeux montraient l'horizon lithophane
Nous avons franchi des lignes creuses et obscures,
Déchiffré des tombes entrouvertes sur des jardins fleuris.
Nous avons escaladé des roches graves et dures
Conduit de frêles montures sur des chemins ébahis.
Nos pas nous ont porté où se reposent les anges
Les ailes sanglées de bleu.

Des rives éparses, des falaises abouties, des jetées audacieuses 
Ont illuminé nos nuits quand
Les galets rassasiés nous racontaient
Leurs rêves d'écume et de brouillard.
Nos chants lents et râpeux résonnent encore
Dans des gorges habitées que nous fréquentions jeunes.

Ne pas se retourner, se dresser bras en l'air!
Brandir encore les mots justes et limpides!
Bannir le flou, arracher l'ombre de la lumière
Parce que tu n'as pas cru qu'un sanglot suffisait.







vendredi 28 novembre 2014

Le funambule


Dans un pré du Jorat, entre deux arbres, tendu
Le long fil élastique et sûr porte le funambule.

Cousant à petits points  son unique chemin.
Métronome céleste, maître des oscillations,
Soudain il bascule et jure!
Passant par-là, je le console
Lui me rassure.