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jeudi 2 juin 2016

Les figures du temps


Les mystères fameux se recoupent, ils entament nos forces déjà déclinantes.
Sous les paniers les ombres sont vives, mais les oeufs ne s'en rendent pas compte.
Les preuves de notre incurie sont innombrables. Les voies de salut aussi.


   Privés de lumière les orbes de nos yeux s'emplissent de larmes  amères.
Gardons nous des gens trop charitables. Vidons leur sac!
Nous couvons des projets ineptes et surnageons à peine dans les mares que nous créons.

Nous cherchons les hauts fonds que nous avons rasé.

Il ne nous reste que la joie imprescriptible d'être.

mercredi 11 mai 2016

courir ensemble, respirer à grands cris


Les faibles courants d'air 
Ne suffisent plus à ramoner nos âmes.



Nos sucs se coagulent
Nos souvenirs et nos regrets aussi.
Il faut s'accrocher.
Se suspendre aux fils de la vierge
Qui se tiennent sans support et voyagent.
Les pays sont nombreux, les contrées sont diverses
Les gens, les plantes et les cailloux aussi.
Chaque anfractuosité, chaque creux est un monde
Chaque rocher un soleil.

Faire sauter les verrous, vivre à pompe ouverte!
Happer l'air, le respirer à grands cris!


jeudi 28 avril 2016

L'infâme suffisance des sots






Des humains désoeuvrés devisent
Leurs axes maillés clabotent
Leurs extrêmités froides se cherchent,
En-deçà des convenances,
 Comme les antennes d'insectes balbutiants.
Les risques d'incompréhension 
Multipliés par une mauvaise élocution,
S'appuyant sur un vocabulaire dévasté
Sont nombreux.
Même les regards se voilent!
Il faudrait se remuer, reconquérir des zones,
Apprendre, réciter.





Arpenter la boule,se déplacer, s'étourdir.
Les humains n'ont de cesse 
De bouger, voir ce qu'ils ont déjà vu,
Entendre ce qu'ils ont entendu.
Le sens, la direction s'est perdue.
Les verticales se rencontrent en haut
Là, où l'air raréfié permet de belles échappées.
Mais les bêtes à longue queue attendent ceux qui tombent.


Forts de notre appétit pour le sens, le beau
Réglons nos comptes avec le médiocre, l'idiot,
L'intéressé, le laid, le petit,
L'infâme suffisance des sots.

jeudi 21 avril 2016

Le canton de Vaud


Des fourmis géantes! Un peu à la Desnos, des fourmis géantes envahissent le canton.
On les signale au Nord, la rumeur enfle vers Sainte-Croix.
Elles auraient installé un camp à la grotte du Chevrier, où j'allais me reposer, une fois l'an, des tracas des humains.
Elles aimeraient les sommets sans dédaigner les vals. 
Leurs consoeurs du Mont-Tendre, anormalement fébriles, pressentent quelque chose.
Elles nous craindraient et nous piqueraient en conséquence
On croit les voir partout.

Désormais les vaches ne quittent plus l'étable. Les paysans ont le fusil à l'épaule.
 Les pendulaires vont au travail en convoi et rentrent avant la tombée du jour. 
On les attend.

mercredi 23 mars 2016

Bambou

Hier avec Lulu nous buvions le thé 
chez Maître Lam chi Vanh
et j'ai vu ses bambous et contemplé ses oeufs




Il m'est souvenu qu'enfant
 je partais à la pêche avec mon oncle 
avec un petit scion de bambou j'attrapais des goujons
et des ablettes aussi.




Bambou, herbe,
Tige creuse, solide et rude nous te cueillions gamins
pour jouer à la guerre.


jeudi 17 mars 2016

Les amants du golf




 Un jeune homme engourdi rêve à d'étranges amours
Pour une courte-pointière  effervescente.
A ses pieds un gardien, une gardienne
Qui voudraient l'empêcher de rejoindre l'aimée
Assise à l'ombre d'une tonnelle en berceau.


Bientôt,
Les amants détournés du jardin parfumé
Ont regagné les pelouse des golfs désertés.
Ils ne craignent ni les balles perdues
Ni le charme des caddies endimanchés.
La joie accomplit son ouvrage, ils rient.
Les sanglots retroussés sont rentrés et les soupirs aussi.



On songe à leur matrone alanguie
Chaperon, gardien d'un réservoir d'ennui
Dont la forte contenance en étonne plus d'un.


Et l'oie des épousailles aussi.

mercredi 9 mars 2016

Le festin tragique

Le festin tragique




Lorsque la table est mise
Pour des joyeux convives
A l'appétit constant,
Lorsqu'à l'ombre promise
Des grands arbres odorants
Des boissons arc-en-ciel
Les attendent en givrant,



Lorsque les mets exquis 
Colorés parfumés
Recouvrent les nappes brodées,
Lorsque les dames sourient
jaillissant de toilettes étoilées,




L'obscurité s'abat sur le festin tragique
Le froid glace les mets 
Et les chaises se renversent.