porte

porte
porte

mardi 22 août 2017

Aux tarots du monde





Aux tarots du monde

Les arcanes se font des crocs en jambe
Mais des clins d’yeux aussi.

Les mineurs sont la pluie, le vent,
Les nuages comme des meringues
Et la neige sans soucis,
Les roues des autos démolies,
Les jambes des marionnettes au rebut,
Les grues s’enfonçant à fond de cale,
Les quais à deux étages où l’on glisse,

Les colibris en plein vol.

Les majeurs sont la mort, l’amour,
L’amitié corrompue,
Les barrages fragiles prêts à rompre,
Les rivières aux longs cours qui n’en finissent pas,
Le temps figé entre deux carcasses,
Les foyers où l’on se réchauffe les mains,
Mais les vagues terribles aussi,
Les tempêtes à tout rompre et les maisons solides.
Aux tarots du monde on est écartelé.

mardi 25 juillet 2017

Scène de vie


Là, les compagnons s’épanchent

Ils échangent leurs soucis,
Vases communicants aux orifices meurtris.
Des pensées corrompues inondent leur esprit,
Les regrets les envahissent aussi.
Alors sur leur passé ils se penchent.




 La gloire, les honneurs fades
La reconnaissance des médiocres
Ont gâté leur vieillesse.
Ils voulaient du vrai, du soutenu, du joyeux.

Sur leur lit de paille humide ils ruminent.
La jument à lunettes harassée
Force le tempo, les entraîne sans repos.
Déglingués, désarticulés, ils s’agitent.
Epouvantails malades pour jachères dépeuplées

 Ils plongent au loin leur regard égaré.


Des vapeurs s’élèvent du sol encore boueux
Les hautes herbes couchées

Maudissent les vieux chasseurs vautrés.

Il va falloir se fendre, s’effilocher,
Se surprendre, se dépasser.


vendredi 9 juin 2017

Au fil du temps




 Le fil marin se débobine.
Au fil du temps le fil s'étend.
Il se moque bien de ta bobine
Oh! Fille du temps.

Tant va le fil à l'eau 
Qu'à la fin il se rince
Et ressort pimpant prêt à rompre.
Le fil s'attend
Il s'y attend le fil Satan.

Perdre le fil c'est pas marrant.
Au fil du temps le fil s'entend.



mardi 30 mai 2017

En attendant l'orage

Matrice d'êtres


 En attendant l'orage,
Des êtres inquiets s'étonnent du silence 
Qui envahit les pierres,
Leurs museaux frémissent, 
Leurs mandibules caquettent,
Leurs poils hérissés communiquent.
On se moque des rares impassibles.
On les traite d'insouciants, d'incomplets.
Ils ne ripostent pas, ils pensent.
Et pourtant l'air est lourd, 
Les nuages sont chargés.
ça va claquer!

Avant l'orage
La diversité des vivants surprend.
Sur terre il y a beaucoup de créatures
Il y en plus que ce dont on a vraiment besoin.
Cette pléthore de formes , de gabarits
De consistances, d'aspects, d'appendices
Epoustoufle, ébahit
Même avant l'orage.
Les stoïques, les impassibles, les calmes
Ne s'en soucient pas.
Ils voient loin!



des aspects du vivant

mercredi 3 mai 2017

Instants Tannés




   Nos vies: pages du temps, parchemins égarés
Recueils désordonnés, instants tannés.


 Nous ne faisons que danser sur le fil du temps,
Funambules précaires qui visons la lumière.
Nous glissons sur le bord du monde.
On l'effleure, il nous gratte, nous estropie.
Nous glissons sur le bord du monde.

mercredi 26 avril 2017

La Forficule







Forficule, perce-oreille compagne de mes jeux, 
Je ne te rencontre plus guère. 
Tu nous effrayais avec tes pinces en tenaille à l'arrière.
Car la nuit, dans nombre de récits légendaires,
Tu pénétrais  les oreilles des petits endormis.
Lucifuge, arpenteuse de ténèbres,
Ombrophage, nous te découvrions dans les dessous du monde
Retournant des écorces, scrutant les anfractuosités. 

A vous aussi , amis de mon enfance:
Lézards, orvets, perce-oreilles, gendarmes cherche-midi,
Mantes religieuse que nous attachions à un fil,
Criquets, sauterelles, grenouilles, salamandres,
Petits poissons du Cher, pêchés à la caserelle,
Que je gardais dans des seilles,
Je rend hommage.