porte

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jeudi 20 novembre 2014

chute de balance en symétrie

Dans le silence on tourne et se retourne.
L'arrière n'est pas l'endroit quand en-haut est en bas.

Nos faces se rebiffent , rechignent à l'inversion de la sphère, Sans parler de son retournement qui met le dedans dehors.

Plus tard, plus calmes, nous suivrons le ruisseau,
Inondés de lumière.

vendredi 14 novembre 2014

La lettre S ou Sissi abandonnée

Le père de Sissi

Assez de suie sur Sissi!
Si Sissi scie assise,
Si Sissi scie six scies à Assise
C'est que le sirli qui siffle comme un sistre
Lui suffit.

Sissi couchée
 Mais le sire luit quand 
Lui, le sirli et sa soeur fuient.

Sissi

vendredi 31 octobre 2014

L'informe à tics

L'informe à tics






La force du courant nous contraint au repli
Nous ne serons pas emportés et nous crierons encore.
L'obscurité des discours sans paroles ne nous ébranle pas.
Mais sans farces lumineuses et sans joies bien senties
Nos fronts se rembrunissent et n'abritent que des ombres.








La marée digitale qui s'étale et noie l'esprit
C'est le monde de l'informe, de l'informe à tics
De l'infirme à tocs.
Les sémaphores ardents qui surveillaient les routes
Sont démembrés
Mais leurs axes rouillés tiennent encore.
Nous aussi nous tiendrons.






mercredi 8 octobre 2014

le sillage



Si l'âge du capitaine assis oscille aussi, si l'eau porte le sillage, le sillage si âgé soit-il, persiste. Le bateau scie l'eau mais rien ne scie le sillage.
La vague d'étrave en V envahit le plan d'eau de ses raies régulières. Mais le poisson-scie coupe et recoupe les raies ses cousines.
Si le poisson-scie scie assis, six poix sont si sûres, qu'acides elles sont , même assises.


Ail-cou du jour

Sillage
L'allée fluide enclavée en ses vagues
Demeure et persiste à fleur d'eau.

Le navire en gravant le liquide
De tourbillons limpides,
Marque son chemin, sa trace
Comme un pèlerin sans besace
Sans gourde ni bâton.

vendredi 19 septembre 2014

L'habit éreinte

image du réseau

Ceci pourrait très bien être l'image du réseau vu depuis mon ordinateur. Ce serait une vue fragmentaire, myope et partiale.

L'habit éreinte

Internet est le Labyrinthe mais c'est aussi son propre Minotaure diffus. Il nous perd.
 Il nous permet de nous perdre. Filons enfin sur ses fils, filons sans fin comme de bons fils d'Ariane.
Retourner sur ses pas n'est pas fuir, revenir c'est encore avancer.
 Dans le labyrinthe on ne fait que progresser face en avant. Si l'on s'égare, gare aux garde-fous ils sont peut-être minces, fragiles et mous. Gare aux gardes-flous au garde-à-vous qui contraignent à mordre sans rire.

le minotaure

vendredi 29 août 2014

S: le sel des mots






S, belle lettre anguiforme
Tu respires en sifflant.
Source sonore ta symétrie rassure.
Parfois tu zozotes et zézayes,
Jamais en compagnie d'une soeur.
Silencieuse, tu es le sel et le sucre des mots.
On te saupoudre sur les phrases
Cela te séduit.






jeudi 7 août 2014

Faux-cil et Marre-tôt





Faux-cil avant le saut



Les faux-cils que l'on rencontre dans les supermarchés, les piscines et les lounge-bars ont une  curieuse habitude, que les sociologues américains nomment " spy-hopping", que l'on pourrait traduire par " saut d'observation". Par exemple au super-marché un faux-cil, d'un air détaché, opérera un petit saut rapide des deux pieds et jettera un rapide regard circulaire pour s'assurer que l'on l'observe. Il retombera alors au sol confiant dans son apparence qu'il soigne au dernier degré.
Les faux-cils de bars sont plus discrets, leurs sauts sont subreptices. Cela est d'autant plus remarquable que la position mi-allongée, mi-vautrée n'est pas favorable.
Ces faux-cils ne peuvent être attrapés que par l'appât-rance.




Marteau s'apprêtant à expulser son rire

Les marre-tôt se rencontrent dans les églises en dehors des offices, dans les cavernes, les caves et les musées d'Art.
L'organe du rire chez ces êtres vivants est constitué de glandes volumineuses disposées en dessous des yeux vers les oreilles. Ces glandes secrètent un liquide qui, en se mettant à bouillir, explose en un vacarme épouvantable. L'animal est alors entouré d'un rire sardonique ou d'une série de staccati qui bouleversent l'espace au point de le rendre inhabitable pour les autres. Celui qui a la possibilité de contempler une accumulation de ces marre-tôt, a l'impression de se trouver dans une forge industrielle du XIX ème siècle tant le bruit est assourdissant.
On prend les marre-tôt à l'âme-son.