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mardi 19 mars 2019

Ils sont venus nombreux


Ils sont venus nombreux
La place était à prendre
Et les champs de débris
Vides désolés
Les attendaient en vain.

Ils ont cru pouvoir vivre
Sur des monts de gravats
sans égards ni tendresse.
Ils se sont épuisés
A remuer la terre.

Ils ont vu la lumière 
Ils ne l'ont pas suivie.
Ils attendent accroupis
Sur le seuil des taudis.

Ils ont voulu les choses
Ils les ont abordées
Par leurs mauvais côtés
Ils se sont égarés.

Ils sont venus nombreux 
La place était à prendre.



mercredi 6 mars 2019

Ils ont cru aux remous



Ils ont cru aux remous
Et érigé des stèles.
Ils ont brandi des flammes
Et creusé des tombeaux.
Ils ont cru au verbiage des passeurs.



Les crêtes étaient couvertes
Mais des sentiers marqués
Conduisaient aux refuges
Où l'on pouvait encore
Sans démériter se reprendre,
En se nouant les mains 
Sur des pierres arrondies.


Les bruits qui montaient des vallées
N'étaient que murmures mécaniques
Et borborygmes insanes.
Ils n'enchantaient pas.



Quand les gens se sont dispersés,
Hagards.
Ils ont gagné les creux
Et se sont assoupis.
Ils ont cru aux remous.

mercredi 30 janvier 2019

La ronde des vivants





Quand ils couraient leurs rêves s'embrasaient
Et des créatures les suivaient.
Ils s'éparpillaient mais d'autres les entouraient.
Alors ils chevauchaient les flammes.


Beaucoup tombaient sans un cri
Ils ne regrettaient pas la verdure moite 
Des prés endoloris.


Mais la ronde continuait
Et la roue s'emballait
Sans un bruit.

mercredi 23 janvier 2019

En avant!


J'ai cru longtemps aux ombres sous les pierres
J'ai cru aux parts de ciel dans les caches
J'ai cru aux mots nichés dans l'ambre
J'ai cru aux perles de verre
Aux gouttes de Carrare.



J'ai lu
J'ai lu étendu
J'ai lu allongé sous les arbres
J'ai lu assis sur des marches de marbre
J'ai lu sur les élytres de monstres minuscules
Des vers marbrés de miel et d'aspérule aussi.


mardi 15 janvier 2019

Les digues sont rompues.


Les digues sont rompues
L'eau envahit les anses.
Les portes se fermeront 
Sur des salles encombrées, désertes.

Plus loin le chahut incessant
Des colombes aux ailes blanches
Ravit les singes et les princes héritiers.



Pourquoi courir au vent
Les doigts bien écartés
Pour griffer l'atmosphère?

Pourquoi crier sans fin
Ces mots vrais et pointus
Qui épellent les vagues?


La lumiére diaphane
Qui traverse la houle
Caresse le dos fourbu
Des épaves endormies.

Habitantes des fonds
Sirènes aux yeux pers
Ne vous retournez pas!



Les digues sont rompues.

jeudi 27 décembre 2018

Il est temps


Ils sont venus sans leurs morts
Et se sont installés.
Les pierres se sont fendues
Mais l'eau n'a pas jailli.
Des décombres épars sourdent des filets de lumière.
Il est temps de filer.




mardi 11 décembre 2018

L'arc en ciel


Un serpent ondule dans les rayons de pluie
Taisez-vous!
Des gouttes et des couleurs...



 L'onde et l'orage sont passés.
Applaudissez!