porte

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mercredi 15 février 2017

A l'oeil

D'un clin d'oeil entoptique
Sans ciller elle observe
Elle scrute sans bigler
Elle mile sans loucher
Elle a l'oeil américain.




Coco Bel-Oeil
Droit comme un I
La regarde et sourit.
Il cligne aussi



mercredi 8 février 2017

Les forces ocellées





Plume au visage de pluie
Tu ploies sans te plaindre
Mais ton front fait des plis

Je croise des forces ocellées
Qui jouxtent des visages croisés.
Leurs ombres réciproques s'embrassent
Tout est parsemé de lucioles.
Et ces forces haut scellées sont des risques
Ils  courent le long des murs.
Je les prends!


vendredi 3 février 2017

Le Sismographe


Le Sismographe ne répond plus
Si on l'interroge il fait la sourde oreille
Il se désintéresse de notre sort
On a trop tiré sur la corde
On a voulu trop amasser
Le souffle n'y est plus
Futiles, légers, ballottés par des riens
On se cabosse

mercredi 1 février 2017

Le Rêve





 Le rêve est une porte-fenêtre qui s'ouvre sur le fourbi,
Le bazar, le bastringue, le boui-boui,
Le tohu-bohu, le tintamare.
On y entre tête basse.
Le seuil franchi c'est le désastre durant la tempête.
Au réveil parfois cette porte reste entrouverte
Et tout est envahi.



Le rêve est un puit ouvert sur les abysses
On y descend dans un panier lové comme un escargot dans sa coquille.
La lumière est vert-diaphane
Les créatures opaques et archaïques.


Le rêve cet escalier qui conduit au sommeil
Est une échelle que l’on grimpe en soufflant
En haut il y a la porte-fenêtre
Qui donne sur le puit.

mercredi 11 janvier 2017

Monite ou le Temps enroulé

 La Monite, une personne bien enroulée, hante les falaises d'argile et de craie.
Adolescent, j'arpentais les grèves du cap de La Crèche 
Où je cherchais sur les dalles éboulées
Les signes de son passage.
Ah! Monite.
Je recopiais dans mes carnets les hiéroglyphes gravés dans le grès.
Je les apprenais à mémoire et me les récitais
Couvrant le bruit des vagues fracassant les rochers.
Fugace, évanescente, elle ne laisse que des traces
Pétroglyphes enroulés, Spirales cannelées à son image.

Avant, bien avant les ombres étaient droites 
et les profils horizontaux.
On se sentait léger.
Les animaux, les plantes se courbaient à votre passage.
Vous étiez leur ami, leur frère.
Les eaux du ciel nous caressaient
Nous croissions



L'oreille est l'oeil du Temps

mercredi 30 novembre 2016

Le Crabe et le Papillon



Le crabe et le papillon

Au pied d’une falaise blanche la mer battait
Et rebattait de gros blocs écroulés.
Un crabe s’épuisait  à vouloir grimper
Sur des rochers tapissés d’algues humides.
Le ressac l’écartait et l’écartait encore du poste convoité.
Un papillon frivole voyant le lourdeau encombré 
Pattes, carapaces, pinces inutiles.
Lui tint à peu près ce langage :
Que vous sert votre armure, votre force, votre ardeur
Si vous ne pouvez jouir de l’endroit désiré ?
Disant cela, le papillon virevolte autour du tourteau
Se moque, le raille et le nargue de ses cabrioles.
Il s’approche tant et si bien qu’une lame
Plus forte l’inonde et le trempe entièrement.
Le voilà mouillé, transi, ballotté dans les remous,
Prêt à sombrer comme un navire dégréé.
Le crabe alors lui dit :
Que te servent ton aisance, ton arrogante légèreté
Te voilà trempé, en péril,  bientôt prêt à couler.
Rengorge ton orgueil, grimpe sur mon dos
Au hasard d’une vague si tu le peux et je t’en sortirais.
Chétifs, malingres, costauds ou vigoureux
 Plutôt que de se moquer il se faut entraider.



mardi 15 novembre 2016

Le Père Flexible

Au bord de la tempête, les tourbillons enveloppent le Père Flexible
Au bord de la tempête
 Laissons nous porter par le temps
Forçons les fissures qui mènent aux plaines doubles
Riches des récoltes à venir.
Empruntons les chemins qui mènent aux puits
Ouverts sur des nappes rutilantes et salubres.

Ne nous lassons pas du vent
Qui couvre nos propos indignes
Et agace les oreilles des mornes et des trotteurs d'azur. 
Carguons nos lourdes voiles ambrées.
Elles nous porteront aux Forts où se règlent les comptes
Où se paient les reliques de vies faibles.
Au pied de leurs murailles de grandes armoiries
Battues par les flots
Montrent l'ancienneté des lignées qui gouvernent 
Les pauvres créatures ballottées par le temps.


Le Père Flexible résiste au vent

Ramassons nos effets, faisons nos balluchons
Alarguons nous des côtes infestées.
Naviguons au près de ceux que nous chérissions
Ceux qui ont fuit les rives désolées de pays dévastés.
Nous les côtoyions déjà les yeux emplis
De l'embrun des vagues qui s'écrasent sur nos coques.
Chantons contre le vent ces ballades tristes et douces
Poussons les cris de joie qui couvriront le tumulte.