porte

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vendredi 22 décembre 2017

Autoportrait non spéculaire d'après une photo d'Alexandre




Ni un chien, ni un chat encore moins une bactérie, je suis une personne et comme personne je m’étonne de mon image non spéculaire. Je n’y suis pas habitué. Je suis comme un diamant natif qui ne sait ni se coiffer ni se raser devant un écran vidéo.
Mon double du miroir est plus moi-même que l’image photographique c’est à dire celle des autres.
Quoiqu’ils ne fassent pas facilement la différence.
L’image spéculaire est étrange et vraie, elle fascine son monde depuis des luminaires.
Non je ne suis pas Psyché sauf à me regarder dans un miroir.
Les personnes c’est comme ça !



mercredi 20 décembre 2017

Krao le plongeur, la lumière et la nuit




          Krao replié sur lui-même médite

                         Il rêve aux ourses blanches.







Il s’ébroue, se secoue, court

                 Et se sauve au loin


Là où la terre se courbe.



Un colporteur de talismans véreux
Un mage de pacotille
S’agite et l’interpelle








Krao se tourne, se renverse
Et lui fiente bruyamment
Son hostile désaccord.






Une pensée profonde l’envahit
Il pense aux horizons souterrains
Aux caches tièdes,



Où l’attendent le muscat, la verveine

Le safran et l’oubli.

jeudi 14 décembre 2017

Les pieds dans les nuages





J’ai cru qu’on s’en sortirait mieux
Qu’on aurait du répit
Pour retailler nos branches, élaguer nos épis
Et offrir la grand-voile aux vents mystérieux.

Des chants s’élèvent
Je ne les contrôle pas
Ils passent la cime des arbres
Voyagent avec les aigles
Et rampent sous les nuages.

Mais bientôt ils retombent
Sur des gens ahuris
Qui pensent avec leurs pieds
Songent avec leurs oreilles.
Pourquoi les suivre ?








vendredi 8 décembre 2017

Les éléments






L’horizon est fendu
D’un coup de lame oblitérant l’espace
Sur toute sa longueur.
Derrière,
On aperçoit du sombre, du noir moucheté
Comme si, s’y reposait une salamandre paresseuse.
On devine l’humide,
On sent la moite tiédeur.
Mais le point de fuite s’échappe
Sur le mystère d’un grand feu refroidi.
En vous faites taire les flammes
Mais conservez les braises.

mercredi 29 novembre 2017

Paysage habité


Le bruit des étoffes qui tombent
Etouffe celui de nos pas.
Les lampes oscillent au vent
Les fils geignent, les regards aussi.
Au loin des ombres se lèvent
Il est presque trop tard.

Les postes de guets disséminés sur la crête
Ne les ont pas vu venir.
Elles glissent furtivement dans les branches
Et dansent sur les ruisseaux.
Un coup de vent les emportera
La joie alors jaillira
De toutes les fentes du monde.

mardi 28 novembre 2017

tarots de novembre


L'oiseau qui picore les nuages




 Quand le serpent enserre le phare
Il ne tarit pas sa lumière.
Mais  l’anneau qui l’entoure
L’empêche de digérer sa proie
Et bientôt il périt.
L’arbre, lui, avec un peu d’eau et de lumière
Survit.



L’arbre à l’envers en connaît un bout
Sur les dessous du monde.
Il s’y complaît.
Le robinet goutte à goutte abreuve
Ses racines d’un nectar métaphorique.
Alors que des messages T.S.F désorientent

Les acteurs de l’échiquier mondain.





Le serpent et la clef s’en balancent.
Ils ne pèsent pas lourds
En regard d’un pied sûr.







Le pied qui se fait la malle
A sa sûreté pour tout viatique.

L’oreille attentive écoute
Les pépiement de l’oiseau
Qui picore les nuages.


vendredi 17 novembre 2017

Quand deux images s'en mèlent.





Dans ce photo-tissage la lumière d’un candélabre éclaire l’autre et nous éclaire aussi.
Le monde n’est pas lisse, il est imbriqué dans un feuilletage à la Moebius.
Dans cette métaphore de l’intrication, j’ai pris deux photographies d’Alexandre Croquelois montrant deux réverbères archétypes, hiéroglyphes de la lumière montrant le but, le chemin et ses environs, hiéroglyphe aussi du regard qui fait le visage.
J’ai tissé ces images alternant l’une et l’autre patiemment. ( Le rythme, le geste comme substrats du sens)
Le réel et nous sommes tissés l’un dans l’autre. C’est pas simple !