porte

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mercredi 18 juillet 2018

Le monde est à nous



 Des bribes de sens virevoltent dans le soleil
Coincées dans le tangible.
Qu'en puis-je saisir? Que sont les choses?
Des passes d'arme entre matière et sens.
Des combats rapprochés de dur et d'éphémère
Sur le ring des substances: Ouate et gneiss
Strass et indigo, plume et moutarde, spermaceti et gomina,
Musc et lazuli, paraffine et diamant.

L'être se dit de multiples manières.

On assiste à des engagements mortels entre soi et soi,
Entre elles et lui, entre eux et nous...
Le sens coule de débris encombrés, amassés
Dans les recoins du monde champ de ruines dévasté.
Il faut prendre sa pelle
Retourner les monceaux de fragments, miettes et éclats,
Noirs, sombres, clairs et chatoyants,
Lisses, rugueux, pointus ou arrondis.

Il faut les déplacer, les séparer, les arranger,
Les comparer pour comprendre.
Consulter tous les vocabulaires pour la forme,
La couleur, la dureté, la tendresse, la moiteur.
Partout des degrés, des gradations, des demi-teintes.
On y perd son latin et son grec à la fois.
Il faut se le faire ce vocabulaire de base des qualités et propriétés.
Il n'épuise pas tout, il s'approche
par détours, lacets et ricochets.
Même la logique et les mathématiques permettent
Des incongruités, (théorème de Tarski-Banach)
On marche sur des oeufs de verre.
La prudence est de rigueur,
La bravoure, l'audace, la fermeté résolue aussi.



lundi 16 juillet 2018

les jours ajourés





 On peut croire aux miracles
Et prendre les gens pour des 
déracinés.


L'autorité des regards
L'onctuosité des paroles 
Embrasent les coeurs.


Il faut des jours
De longues journées ajourées
De longs jours ajournés
Pour éviter l'échauffourée.

mardi 10 juillet 2018

Les seiches pleurent aussi





Aux portes du sommeil
Les yeux se couvrent d’ombres
Qui comme à Kermaria dansent à l’envi.
Les grandes armoires opaques
Aux portes ouvragées
S’ouvrent sur des labyrinthes obscurcis.
Les rives du rêve s’éloignent
Le lit du fleuve grossit
Le cube d’Alberto sourit.


Aux quatre coins du monde
Les os  blanchis des seiches
Rappellent aux vagabonds
Leurs yeux embués et tendres.
Il n’y a plus de remous
Plus  de courants trompeurs
Les cris se sont éteints
Les paupières se sont closes
Au  souvenir des épines des choses.



jeudi 5 juillet 2018

La tempête


La tempête alourdit nos épreuves
Les creuse et les rancit aussi.

Mais le vent que scient les cordages ébahis
Cherche à roussir nos rames
A transir nos corps roides
Déchirer nos vareuses et détruire nos âmes.
Il n'atteint ni le profond ni l'intime
Il caresse l'épiderme le raclant.
Ses rafales nous effleurent et nous flattent l'esprit.




Les vagues se gonflent, éclatent, se brisent.
Le rafiot tient
Les clins ne se disjoignent pas.

Bien que je nous sache finir en épaves
Nous n'en sommes pas là.

La grande vague

samedi 30 juin 2018

La belle et longue houle

Le ballet des méduses 
La belle et longue  houle
Guide les sargasses qui ondulent
Dans  leur  chemin  vers la lumière. 

Le calme apparent des abysses 
Inspire le respect des plongeurs
Qui sillonnent les profondeurs
Pour y trouver  les sources
Y puiser sans relâche force et sérénité 
Sans songer aux vagues qui rayent la surface
Même si elles rident le fond.

Les longs bras suivent les marches

lundi 18 juin 2018

En route



En route pour les coups de tabac
En route pour les embardées lyriques
En route pour les allées sans fin
Sous des soleils de plomb
En route pour le retournement de la sphère 
En route pour les puits artésiens

Les gravillons qui couvrent le chemin
Etrillent nos pieds fourbus.
Nos regards aiguisés qui scrutent l'horizon
Verront les robes blanches
Agitées par le vent
Alors nous souriront.



mercredi 13 juin 2018

Moins que rien




Les cadres vides sont pendus aux murs blancs,
Le bruit du ressac rehausse l'absence et l'éclaire.

Rien n'est jamais rien,
C'est une raclure du vide, une rayure sur du vent,
Une rature escamotée.

Peu c'est autre chose.
Peu qui n'est pas beaucoup
Est peut-être déjà trop.

Moins nous suffira sûrement
Moins que rien nous conviendrait encore
Si nous trouvions les fils dissimulés
Qui conduisent aux sources arides et claires.