lente maturation

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vendredi 24 mars 2017

Les géodésiques vont disparaître



Des bruits courent, des murmures vagabonds,
Des propriétés géométriques de l’espace
Sont en passe de devenir obsolètes.
Les géodésiques vont bientôt disparaître.

L’arpenteur de chemins, le poseur de jalons,
Le roi de l’alignement, le pilleur de cadastre
Ebahi, ahuri va devoir rendre son niveau à bulles.


Ou devenir un vaillant reliquaire.
Dans ses châsses les outils périmés :
Fils à plomb, équerres, niveaux, règles
Précieusement conservés seront périodiquement
Montrés lors de brillantes ostentations.

Nous allons devoir nous coltiner de nouveaux modes de vivre,
De déplacements, d’alimentation, de reproduction.
Sans instruments de mesure
Nous énoncerons le fil des jours aux prises avec le réel.

mercredi 8 mars 2017

Signes, mots, griffures

Voilà l'ail-cou du jour


Lisse tes plumes rares
Affûte tes crayons noirs
Crie dans la brume du soir!

Force ton bras silencieux
A couvrir le papier malicieux
De signes irrévérencieux
De mots forts et précieux
Qui te serviront de phare!

La main soupire lorsqu'elle tremble à la vue d'un oison égaré aux abords de la mare où les petits ne naîtront plus. Les conditions ne sont plus favorables. C'est cuit!


La bamboula c'est pour tout de suite. Il y a du vacarme en bas, ça s'agite dans les gouffres, les peurs sauvages gagnent les hauteurs. Les colibris font marche arrière. Attention à l'atterrissage.


Pas de répit pour les ahuris. Pas de pitié pour les idiots, les ignares, les méchants. Au coin les nuls, les insignifiants, les courbés, les lâches. Nous irons tous pisser dans les agrumes.

mercredi 1 mars 2017

Le phare du bout du monde

Ils suivent trébuchent et tombent
Le phare n'éclaire pas

Il se montre.

C'est un amer nocturne.

Il manifeste sa présence
Il ne guide pas mais appelle mon intelligence.
Le phare est permanent il dure.
Il tient par son poids contre vents et déferlantes.

Les cloportes  qui n'ont pas de phare
Ce sont des bêtes de l'obscurité!



Le phare du Bout du Monde a été reconstruit Grâce à André Bronner. Il a été rallumé en 2008.
Il rassure les marins qui s'aventurent dans ces eaux australes, tourmentées et froides.
N'éteignons pas les phares, sous prétextes de méthodes insidieuses et électroniques.
 Ne nous abandonnons pas aveuglément aux sirènes technologiques homogénéisantes qui affaiblissent nos facultés de discernement et nous plongent en léthargie universelle.

Le Phare du bout du monde


mercredi 15 février 2017

A l'oeil

D'un clin d'oeil entoptique
Sans ciller elle observe
Elle scrute sans bigler
Elle mile sans loucher
Elle a l'oeil américain.




Coco Bel-Oeil
Droit comme un I
La regarde et sourit.
Il cligne aussi



mercredi 8 février 2017

Les forces ocellées





Plume au visage de pluie
Tu ploies sans te plaindre
Mais ton front fait des plis

Je croise des forces ocellées
Qui jouxtent des visages croisés.
Leurs ombres réciproques s'embrassent
Tout est parsemé de lucioles.
Et ces forces haut scellées sont des risques
Ils  courent le long des murs.
Je les prends!


vendredi 3 février 2017

Le Sismographe


Le Sismographe ne répond plus
Si on l'interroge il fait la sourde oreille
Il se désintéresse de notre sort
On a trop tiré sur la corde
On a voulu trop amasser
Le souffle n'y est plus
Futiles, légers, ballottés par des riens
On se cabosse

mercredi 1 février 2017

Le Rêve





 Le rêve est une porte-fenêtre qui s'ouvre sur le fourbi,
Le bazar, le bastringue, le boui-boui,
Le tohu-bohu, le tintamare.
On y entre tête basse.
Le seuil franchi c'est le désastre durant la tempête.
Au réveil parfois cette porte reste entrouverte
Et tout est envahi.



Le rêve est un puit ouvert sur les abysses
On y descend dans un panier lové comme un escargot dans sa coquille.
La lumière est vert-diaphane
Les créatures opaques et archaïques.


Le rêve cet escalier qui conduit au sommeil
Est une échelle que l’on grimpe en soufflant
En haut il y a la porte-fenêtre
Qui donne sur le puit.