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mercredi 15 août 2018

Les malveillants

Ils ont épousé nos ombres
Ils ont asséché nos puits
Ils ont rompu nos vases
Et muré nos maisons somnambules.

Ils ont lâché leurs chiens
Ils ont crié de loin
ils ont enflammé des torches
En foulant nos chemins.

Ils ont rempli leurs poches de nos rêves
Ils ont brisé nos songes
Ils se sont emparés de nos utopies
Pour les retourner comme des gants.



 Nos chandelles pleurent
Et nos yeux sont meurtris
Les lettres dansent contre les mots assagis.

Toi qui crois aux images
Mais ne crois pas aux bruits
Rassemble tes effets
Fais ton bagage.


vendredi 3 août 2018

Les princes réguliers




Les princes réguliers
Ont aboli les ombres.
Ils rêvaient d'un pays
Sans oubli, sans douleur.

Les princes réguliers
Ont aboli les heures.
Ils ont tué l'ennui
Répandu la douceur.


Des barbares sont venus
Qui ont brisé les jarres
Où flottait le raisin
Et les groseilles aussi.


Ils ont renversé les auvents
Affolé les troupeaux
Arraché les barrières
Saccagé les jardins.



Et ils attendent l'heure
Et les gens résignés
Pour enfoncer leurs glaives.

jeudi 2 août 2018

La maison de verre.


 Euplectella Aspergillum ou Panier de Vénus tu secrètes lentement ta charpente de verre.
Cet hommage zoominéral rendu dans les profondeurs marines, à André Breton, se fait dans le silence et les jeux de lumière.


Grande tour flexible aux étages réguliers, tu  ondules au rythme de la houle qui agite la surface.


Euplectella tu inventes l'angle droit!

mercredi 25 juillet 2018

Indices , marques et blasons.


Pressons-nous!
Les albums à colorier sont ouverts aux pages bleues.
Le soir ourle les motifs d'ombres partisanes.
Et le jour cesse dans un silence accueillant.

Les cris si délicats des mots emprisonnés dans les choses
Retentissent aux quatre coins du monde.
Ils profitent de la nuit pour ourdir
Le complot du sens à venir.

Bien sûr, il nous reste des jours
Pour ouvrir les coffres qui résistent,
Pour traquer les signes, les insignes, les emblèmes.

mercredi 18 juillet 2018

Le monde est à nous



 Des bribes de sens virevoltent dans le soleil
Coincées dans le tangible.
Qu'en puis-je saisir? Que sont les choses?
Des passes d'arme entre matière et sens.
Des combats rapprochés de dur et d'éphémère
Sur le ring des substances: Ouate et gneiss
Strass et indigo, plume et moutarde, spermaceti et gomina,
Musc et lazuli, paraffine et diamant.

L'être se dit de multiples manières.

On assiste à des engagements mortels entre soi et soi,
Entre elles et lui, entre eux et nous...
Le sens coule de débris encombrés, amassés
Dans les recoins du monde champ de ruines dévasté.
Il faut prendre sa pelle
Retourner les monceaux de fragments, miettes et éclats,
Noirs, sombres, clairs et chatoyants,
Lisses, rugueux, pointus ou arrondis.

Il faut les déplacer, les séparer, les arranger,
Les comparer pour comprendre.
Consulter tous les vocabulaires pour la forme,
La couleur, la dureté, la tendresse, la moiteur.
Partout des degrés, des gradations, des demi-teintes.
On y perd son latin et son grec à la fois.
Il faut se le faire ce vocabulaire de base des qualités et propriétés.
Il n'épuise pas tout, il s'approche
par détours, lacets et ricochets.
Même la logique et les mathématiques permettent
Des incongruités, (théorème de Tarski-Banach)
On marche sur des oeufs de verre.
La prudence est de rigueur,
La bravoure, l'audace, la fermeté résolue aussi.



lundi 16 juillet 2018

les jours ajourés





 On peut croire aux miracles
Et prendre les gens pour des 
déracinés.


L'autorité des regards
L'onctuosité des paroles 
Embrasent les coeurs.


Il faut des jours
De longues journées ajourées
De longs jours ajournés
Pour éviter l'échauffourée.

mardi 10 juillet 2018

Les seiches pleurent aussi





Aux portes du sommeil
Les yeux se couvrent d’ombres
Qui comme à Kermaria dansent à l’envi.
Les grandes armoires opaques
Aux portes ouvragées
S’ouvrent sur des labyrinthes obscurcis.
Les rives du rêve s’éloignent
Le lit du fleuve grossit
Le cube d’Alberto sourit.


Aux quatre coins du monde
Les os  blanchis des seiches
Rappellent aux vagabonds
Leurs yeux embués et tendres.
Il n’y a plus de remous
Plus  de courants trompeurs
Les cris se sont éteints
Les paupières se sont closes
Au  souvenir des épines des choses.